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17/05/2009

Index des articles : Ma prison

Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…
et des solutions proposées…


Vous trouverez ci-dessous, les dates de parution de mes articles…
Nous serons donc ensemble jusqu’au nouvel an 2010… si vous le souhaitez

A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis avaient tenté de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus.
Vous avez l’intégral de ce bouquin en début de blog, complété par vos questions / remarques et mes réponses…

Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.

Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…



.07/05/09 . Intro

du 08/05 au 19/06/2009 : L’avant Jugement = La garde à vue

.08/05 . Conditions matérielles
.11/05 . Ambiance en goêle
.13/05 . Le rôle de la police (ou de la Gendarmerie)
.15/05 . Interrogatoires (méthodes)
.17/05/09 . Index des articles
.18/05 . Rendez-vous (convocation)
.20/05 . Quelques droits
.22/05 . L’aveu – La « clef » de tout jugement
.25/05 . Issue de la Garde à vue
.27/05 . Détention provisoire : durée, délai
.29/05 . La comparution immédiate
.01/06 . La détention préventive
.03/06 . L’instruction
.05/06 . Le Jugement – L’Appel
.08/06 . Le Plaider-coupable
.10/06 . Mon cas
.12/06 . Durée de la peine de prison
.15/06 . Le cas de l’étranger incarcérable, incarcéré
.17/06 . Le rôle de l’avocat
.19/06 . Rôle du JAP (Juge d’Application des Peines)

du 22/06/09 au 26/06/09 : Le Parcours du détenu

.22/06 . Le point de départ, l’arrivée en prison, en cellule,…
.24/06 . La santé, les activités, le courrier, les parloirs, …
.26/06 . Le condamné, le prévenu, le jugement, l’aménagement de peines,…

du 29/6/09 au 13/07/09 : Des rencontres… imposées

.29/06 . Gérard
.01/07 . Gérard (suite)
.03/07 . Solidarité… oblige
.06/07 . Au J.A., Jacques
.08/07 . Hubert, Jacques, JB
.10/07 . David, Ali
.13/07 . Hervé, Maurice

du 15/07/09 au 07/08/09 : Les différents types de détenus…

.15/07 . Ecrivain = confident ( ?)
.17/07 . Les stupéfiants ou Le négoce de mort
.20/07 . Le voleur
.22/07 . Le voleur (suite)
.24/07 . Le petit délinquant
.27/07 . Le meurtrier
.29/07 . Le délinquant sexuel
.31/07 . Le délinquant sexuel (suite)
.03/08 . Le braqueur et/ou le grand voleur
.05/08 . Le barbare, l’alccolique, le trafiquant de cigarettes
.07/08 . La réinsertion

du 10/08/09 au 28/09/09 : Quelques cas personnalisés qui, souvent, pourraient être généralisés…

.10.08 . Jean et Jérôme
.13.08 . Mohamed
.14.08 . Joan
.17.08 . Jean Baptiste
.19.08 . Bruno
.21.08 . Ignace
.24.08 . Djamel
.26.08 . Mes arabes (1/2)
.28.08 . Mes arabes (2/2)
.31.08 . Patrice
.02.09 . Maroco
.04.09 . Maroco (suite) et l’Escapade
.07.09 . Alain
.09.09 . Alain (suite)
.11.09 . Alain (ter) – complicité
.14.09 . Alain – l’Escapade
.16.09 . SDF
.18.09 . Sami
.21.09 . Sami – 2
.23.09 . Sami – 3
.25.09 . Jeune et Violeur
.28.09 . Jeune ou Violeur

du 30/09/09 au 30/10/09 : Quelques sujets qui me tiennent à cœur… Des « mots »… qui « fâchent »…

.30.09 . Réinsertion – Suivi médical et psychologique
.02.10 . Le Travail
.05.10 . La Formation professionnelle
.10.10 . Les parties civiles – Vie en société
.11.10 . Fausses… affirmations…
.12.10 . La Sécurité
.14.10 . La Sécurité (suite) – La sécurité…,la nuit…
.16.10 . Les prisons et la TV
.19.10 . La Justice ressentie
.21.10 . La Justice ressentie (suite)
.23.10 . Tristesse – L’Insécurité
.26.10 . Utilité et/ou Inutilité de la prison ?
.28.10 . Utilité et/ou Inutilité de la prison ? (Suite)
.30.10 . Utilité et/ou Inutilité de la prison ? (Suite)

du 02/11/09 au 13/11/09 : Pour une sortie anticipée…

.02.11 . Les aménagements de peines
.04.11 . La Libération conditionnelle (la théorie)
.06.11 . Lettre au Ministre de la Justice
.09.11 . La Libération conditionnelle (la pratique)
.11.11 . La Semi-liberté – Placement à l’extérieur – Le bracelet
.13.11 . Le Suivi socio-judiciaire – Loi du 09/03/04 – Pour éviter la Prison

.16.11.08 . Déroulement d’un Jugement

du 18/11/09 au 25/11/09 : La Retraite : un droit ou une condamnation supplémentaire ?

.18.11 . Monsieur le Président de la République
.20.11 . Le travail en prison
.23.11 . Le travail en prison (Suite)
.25.11 . Le travail en prison (Suite)

du 27/11/09 au 02/12/09 : En guise de conclusion… Ma prison… ou la prison, telle que je la voudrais…

.27.11 . Ma prison
.30.11 . Elle ne plaira pas à tout le monde
.02.12 . Coût d’une telle réforme

du 05/12 au 31/12/08 : Vos questions… Mes réponses…

.05.12 . Déroulement d’un jugement
.07.12 . Les aménagements de peines
.09.12 . La Garde à vue
.11.12 . La sortie… de prison
.14.12 . Le parloir… en prison
.16.12 . L’affaire… qui amène en prison
.18.12 . Les remises de peines
.21.12 . Les premiers jours
.23.12 . Une journée-type… en prison
.25.12 . Pourquoi ce blog… sur la prison
.28.12 .
.30.12 .
.31.12 .

Le 2 janvier 2010 : Reprise du blog, revu et complété, avec de nouveaux éléments pris dans vos remarques / questions et dans mes réponses…

……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).

15/05/2009

Interrogatoires... pendant la Garde à Vue

Interrogatoires (méthodes) :


La « garde à vue »

Reprenons notre investigation…

Donc, la police fait son enquête, en souterrain. A ce moment là, il me semble « évident » que l’enquêteur en sait plus que toi sur toi-même et il s’est déjà fait son cinéma, son intime-conviction.
Il te convoque donc (toi, le coupable), te met en examen et si cela doit durer (plus que quelques heures) avec l’accord du procureur, il te met en « garde à vue »… et tu subis les conditions matérielles invoquées précédemment. Voilà une des raisons pour laquelle ta présence, en hôtel de police, peut contenir trois nuits, puisque le décompte ne se fait qu’à partir de la « mise en garde à vue », et ne se termine que lors de la décision de ta libération, sous contrôle judiciaire, ou, de ta présentation au juge d’instruction.

Interrogatoires :

Ce dont je ne vous ai pas encore parlé, c’est que la procédure « garde à vue » et ses antécédents et suivants, peuvent être faits par la police, mais aussi, par la gendarmerie. A priori, il n’y a pas de concurrence, chaque corps ayant son territoire… Certes, dans les grandes villes, comme à Metz, nous avons droit aux deux… Pour ma part, je n’ai jamais été en « garde à vue » chez les gendarmes, mais il paraît que c’est aussi « crade », si ce n’est plus. Par contre, j’y ai déjà été interrogé.
En effet, il faut vous dire que ce sont des lieux que je connais « bien », car, dans le cadre de mes fonctions, j’ai « souvent » été amené à « témoigner », à « confirmer » les déclarations d’un de mes clients... Donc, ces « espaces » ne me sont pas inconnus, et ce, d’autant plus qu’avec l’expérience, tu te rodes à ce type d’interrogatoires quelque peu spéciaux.
Pour en revenir à la « gendarmerie », je vous dirai que je la connais peu, mais, elle m’a laissé une mauvaise image de ce qui doit (devrait) être fait. Chaque fois que j’y suis allé, toujours pour les autres, en fait, on ne m’interrogeait pas, « on » voulait que je donne mon accord sur des déclarations « pré-écrites ». Certes, elles n’étaient pas écrites avant mon arrivée, mais « ils » auraient voulu que je déclare ce qu’ils voulaient, dans leur charabia, peu compréhensible pour moi ou pour le moins qui ne correspondait pas à ce que j’avais envie de dire. Et, je me souviens bien qu’à plusieurs reprises, il m’est arrivé d’être obligé de dire : « ce n’est pas ce que je vous ai dit, veuillez rectifier ». Ce qui était fait avec mauvaise grâce et souvent avec des menaces du style : « Si vous ne dites pas ce que l’on veut, on va vous garder (ce qui n’est pas possible), ce sera plus long (ce qui est vrai), nous, on a le temps, nous, on sait, etc… ». Et de plus, ce qui est pénible, c’est que toi, tu es seul, eux, ils sont plusieurs et se relayent, ils prennent leur temps… Le temps joue pour eux et sur tes nerfs… et il faut mieux ne rien prévoir quand tu vas à un tel rendez-vous… car autrement, tu t’énerves et tu as tendance à accepter n’importe quel terme et, en tout cas, certaines explications des faits, de leurs dires que tu n’avais pas « vus » de cette façon-là. En effet, ces « dépositions » se passent toujours de la même manière que je vais vous exposer, et ce, que tu sois témoin ou que tu sois prévenu (pseudo coupable), aussi bien à la gendarmerie qu’à la police.
. Il faut partir (arriver) avec l’idée « vraie » qu’ « ils » sont en possession de 80 % à 90 % des réponses qu’ils attendent de toi.
. Eux sont bien « dans leur sujet »… Pour toi, tu y arrives, en ne sachant pas pourquoi tu es convoqué. En effet, les convocations sont assez laconiques : « Vous êtes prié de vous présenter le… à … heures, au bureau … de la Gendarmerie + adresse… (ou Hôtel de Police + adresse), muni de la présente et d’une pièce d’identité. Si ce rendez-vous ne vous convient pas, merci de téléphoner au…, poste…, pour en fixer un autre » + un article de loi qui dit, en substance, que la présentation est « obligatoire » et que ne pas s’y rendre, te met en infraction avec la loi… « (déjà, une menace…). En fait, dans cette convocation, ce qui est important, c’est le bureau… Car, avec l’expérience, tu sais de quoi il s’agit, mais nous en reparlerons.
. « L’interrogatoire » commence par un contrôle d’identité, père, mère, situation familiale, activité professionnelle… et tu ne sais toujours pas pourquoi tu es là.
. Enfin, on te dit ce pourquoi on veut t’entendre…
. On sait que… et on voudrait que vous disiez ce que vous en pensez.
. Arrivent les questions orales, suivies en général, très rapidement, au fur et à mesure, de la rédaction écrite de celles-ci et de tes réponses. Et c’est là que les difficultés commencent (au moins pour moi), car tes réponses, elles sont transcrites (alors que tu es silencieux), elles te sont relues : « Vous (tu) êtes (es) d’accord… » et moi, bien sûr, je ne suis pas toujours (souvent) d’accord, puisque ce n’est pas moi qui les ai écrites, et qu’elles sont dans un jargon qui « leur » convient, pas à moi, et qui est souvent « ambigu » ou à « double sens ».
. Je manifeste mon opposition. Ce qui ne plait pas. Le ton monte. Je suis parfois obligé de dire « Ce n’est pas ce que j’ai dit », Réponse : « Mais c’est la même chose », Réponse : « Non, et cela, je ne vous le signerai pas »… Menaces : « Je n’ai pas que cela à faire… » (rappel : en contradiction avec : « j’ai tout mon temps »…). « Si vous (tu) ne signez (signes) pas, je vous (te) garde…, etc… »
. « Non, on recommence et je vous dicte… ce que je signerai… ». Et on est reparti, pour un tour.
. Avec l’expérience et si je connaissais « déjà » mon interlocuteur, je lui proposais « d’amblée » de « l’aider » dans sa rédaction… en lui laissant le temps de taper « à deux doigts »… !!!
. Bref, cela prend toujours un certain temps, plus que celui que l’on a prévu. Mais une rédaction « à mon goût » passe par cette démarche quelque peu « agressive »… autrement, tout et n’importe quoi, peut être transcrit et ce qui est « écrit et signé » est « écrit et signé » avec les conséquences que l’on peut imaginer et dont nous reparlerons.

Cette rédaction est d’autant plus importante que si « à la relecture », tu donnes une nouvelle « version » de tes déclarations, vicieusement, « ils » écrivent : « Mr. … nous demande de rectifier sa déclaration précédente, comme suit… »… Vous sentez la nuance…
. Arrive le moment de la relecture… souvent, pas piquée des hannetons au niveau du style et des fautes d’orthographe… J’avoue que quand c’était « compréhensible », je laissais passer, car autrement, cela aurait duré une heure de plus… mais ce qui aurait pu porter à confusion, je l’ai toujours fait « rectifier… ». Il faut avouer que depuis qu’ils sont informatisés, c’est plus plaisant, mais leur informatisation est « récente ». J’avais « usé » déjà deux générations d’ordinateurs que « eux » n’en étaient pas encore équipés… !!!
. Voici donc, le grand schéma de ce qui t’attend, si, un jour, tu es « convoqué » en gendarmerie, ou par la police.
D’amblée, je te dirai qu’avec la police, pour moi et à Metz, cela s’est toujours passé dans de meilleures conditions matérielles et de compréhension. Moins de menaces, moins d’esbroufes, plus d’humanité, tu es « considéré », surtout quand tu n’es là que comme « témoin ». Une fois, je me souviens être tombé, une fois, sur un petit « merdeux » (excusez le terme, mais, je n’en trouve pas d’autre), tout juste sorti de l’école… qui savait « tout » mieux que moi, qui aurait voulu m’apprendre mon métier. Au point que le ton est monté et que j’ai fini par lui dire : « Ecrivez ce que vous voulez, mais je vous préviens, je ne le signerai pas. C’est moi qui suis interrogé, c’est pas vous, c’est moi qui ai quelque chose à dire, c’est vous qui êtes là pour écrire ce que je vous dis ». Bref, son chef a du intervenir pour le calmer et la transcription s’est faite sous ma dictée…
. Pour conclure sur la méthode, ce qui est pernicieux dans le système, c’est que, eux sont « dans le sujet », eux savent « ce qu’ils savent déjà » et « ce qu’ils veulent t’entendre dire ». Toi, tu arrives, avec tes préoccupations du jour et on t’interroge sur des faits ou supposés faits qui ont eu lieu, parfois plusieurs années auparavant… dont tu ne te souviens plus ou, en tout cas, que tu n’as pas « en l’esprit »… il faut se remettre dans le bain. Je me souviens qu’une fois, il m’a fallu une bonne demi-heure avant que je me souvienne de l’individu dont il s’agissait et que j’avais fort peu connu, il était de Sarrebourg, et bien qu’il soit « notre client »… il ne l’était plus et sa présence parmi nous, ne m’avait pas marqué… si bien qu’il était, pour moi, difficile et pénible de faire des affirmations à son sujet.
. Je vous avoue que je n’aimais pas être convoqué par la gendarmerie, car "leurs" méthodes ne me plaisaient pas. Je ne vous dirai pas que j’étais content d’être convoqué par la police… mais je savais que cela se passerait bien et que je n’en sortirais pas stressé et/ou sur les nerfs.
Pour conclure ce préambule et revenir sur mon propos initial qui reste « l’avant jugement », je te dirai que « la garde à vue » est le rendez-vous ultime… et que de nombreux passages (pour moi) dans ces lieux, ne se sont pas terminés, bien sûr, par cette procédure.

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
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13/05/2009

Le rôle de la Police... pendant la Garde à vue

Le rôle de la police (ou de la gendarmerie) :

Avant d’en venir au cœur de notre sujet « les interrogatoires », je veux vous préciser, vous rappeler le rôle de la police en matière « judiciaire ». Je vous écris cela de mémoire et comme je le perçois, mais tout cela peut être complété et confirmé par le Code Pénal (qui définit les délits et les peines encourues) et le Code de Procédure Pénale (qui lui, définit comment cela doit se passer). A eux deux, ces deux volumes (+ de 4.000 pages) sont la bible de tout détenu ou préjudiciable… (et de son avocat).
Donc, la police, ou plutôt son bureau, est un lieu qui, peut-être, ne t’est pas inconnu, c’est là que tu dois aller si tu as été victime d’un vol ou d’une agression.
En fait, si tes déclarations sont floues, ton agresseur non identifiable (pour le moment) et la gravité toute relative, ta déclaration sera prise sur ce que l’on appelle « la main courante » : registre sur lequel est inscrit, au jour le jour, les petits problèmes de la vie courante. En général, il n’y a pas de suite envisageable (immédiate), faute d’éléments tangibles, mais c’est écrit… et par la suite, par recoupement, par intuition, grâce à ce registre, il est possible de « dénouer » des affaires ou « imputer » tel délit à tel délinquant, pris, plus tard, sur le fait. Il ne t’est pas donné copie de ta « déclaration ».
Si tu as subi un réel préjudice ou si tu « as besoin » de ta déclaration, par exemple, pour ton assurance. Tu dois, en fait, porter plainte contre X ou contre la personne qui t’a porté préjudice (si tu la connais ou supposes la connaître). Les faits sont relatés, les dégâts sont évalués, ta demande de plainte est enregistrée. Tu en ressors avec une copie qu’il te faudra présenter à qui de droit, en principe ton assrance, pour être indemnisé, ou que tu garderas, en attendant la suite donnée à ta plainte.
Je ne te cacherai pas que, à mon avis, plus de 80 % des plaintes, sont au bout d’un certain temps qui, parfois, peut être de plusieurs années : « classées sans suite » pour un motif invoqué qui est souvent : « auteur non identifiable » ou s’il s’agit seulement de faits (préjudice moral), pour « manque d’infraction vraie ».
En fait, ta plainte est transmise au parquet (procureur) et c’est lui qui prend cette première décision. La police ne sert que de boîte à lettres et/ou d’écrivain public pour t’aider à rédiger ta plainte, mais tu peux très bien « porter plainte » sans leur « aide », au tribunal, mais dans ce cas, tu n’as pas la preuve « matérielle » de ton dépôt de plainte que ton « assurance » va te demander…
Que devient ta plainte ? A priori, elle est lue. Et si le procureur le juge nécessaire et possible (première attitude « aléatoire »)… il diligente une enquête qu’il confie à la police ou à la gendarmerie dites judiciaires (un corps de fonctionnaires qui ne sont, en fait, que des enquêteurs, au service de la justice). A ma connaissance, l’enquête se déroule toujours de la façon suivante : sont interrogés, en premier, les personnes que « tu » as mis en cause, en les accusant ou en citant leur témoignage possible. Toi, l’auteur de la demande, tu es entendu en dernier, et on « confronte » les informations reçues et tes propres déclarations. Tout cela est, en général, long, car il faut « convoquer » les gens, les entendre… et en plus, les dossiers sont nombreux et le personnel réduit (et on nous dit qu’il y a du chômage…) : souvent plus d’un an ou deux.
Dans la pratique, à mon niveau, en raison de mes fonctions, toujours ou presque, lorsque j’étais convoqué pour un tel « témoignage », j’en avais été informé par le plaignant ou par celui qui en était accusé ou par un des mis en cause. Car lorsque l’un ou l’autre est interrogé, il peut dire à l’enquêteur, mais « Mr… peut vous confirmer ce que je vous dis » ou « c’est lui qui m’a aidé ». Si bien que vous êtes interrogé pour confirmer la chose…
Bref, le dossier retourne chez le procureur qui en prendra connaissance, peut-être le tiendra sous le coude, peut-être l’oubliera ou en donnera une suite.
Il faut avouer que ces interrogatoires et plaintes sont très souvent classés « sans suite » immédiate, elles peuvent réapparaître lors d’une nouvelle affaire. Je ne sais comment tout cela est répertorié, mais pour être efficace (je n’en ai pas la conviction qu’il le soit), ce classement doit être assez pointu et doit permettre toute sorte de recoupements… et ce, avec peu de moyens techniques et d’organisation (nous en reparlerons).

Suite donnée :

S’il décide d’y donner une suite « judiciaire », le procureur envoie le dossier à un « inspecteur-enquêteur », coordinateur qui est chargé d’approfondir tout cela et de réinterroger les différents protagonistes, et en particulier, le prétendu coupable.
Admettons qu’il a décidé d’y donner une suite. De nouveau, le « coupable » est interrogé, en dernier, donc « souvent », tu as l’information de la procédure en cours, avant de la subir.
Voici les étapes obligatoires (ou usuelles) :
. Une convocation « anodine »
. Un premier interrogatoire « bon enfant », à bâtons rompus, sans prise de note… pour en savoir plus, sur toi… et sur ce qu’on te reproche, cette étape ne peut durer que quelques minutes (quelques heures), et si tu n’es pas le « coupable », tu en ressors lorsque l’on a pris ta « déposition ».
. Si tu es le « coupable », on te dit alors seulement (après l’étape précédente), ce qui t’est reproché, et tu es « mis en examen ». C’est à dire que l’enquête et la procédure sont ouvertes contre toi. Tu dois rester à la disposition de la justice et répondre à ses convocations. Cette « mise en examen » est une étape « indispensable » pour approfondir l’enquête, te demander plus de détails, plus de documents, en fait, te faire dire ce que l’on a l’intention de t’entendre dire. En fait, tu n’es pas encore coupable, mais, il est prévu que tu le deviennes.
A mon avis, l’enquêteur a, à ce niveau, beaucoup de pouvoir, pour fouiller dans ta vie privée et professionnelle et interroger qui il juge bon, soit par écrit, soit en oral. Cette étape, au départ, ne t’est pas toujours connue. En effet, avec l’accord du procureur et sa bénédiction (puisqu’il travaille pour lui), avant même ta « mise en examen », il peut interroger qui il veut, c’est ce que l’on appelle une « commission rogatoire »… J’ai déjà reçu de telles demandes qui commencent par : « A la demande de Mr …, procureur, j’ai été chargé de vous demander les confirmations des affirmations suivantes … veuillez vous présenter… (ou, parfois, c’est lui qui vient chez toi) (nouvelle atteinte à ta liberté et à ta réputation…).

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