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21/08/2009

Ignace... en prison

Quelques cas personnalisés qui, souvent, pourraient être généralisés…

Ignace

Il est des gars « impénétrables » que l’on croit connaître et qu’en fait, on ne connaîtra jamais… J’ai vécu pendant de nombreuses heures (mois) avec ce gars (la quarantaine), car nous avions de nombreuses activités communes. De plus, il était dans mon unité et même si nous n’avions pas les mêmes centres d’intérêt, nous pouvions cependant « échanger » quelques impressions.

Pour vous présenter son affaire en quelques mots, je vous dirai qu’il se dit victime de complot(s) familial (iaux), qu’il s’est laissé accuser pour protéger sa sœur, qu’il est innocent de ce qu’on lui reproche, que ce sont les autres qui ont menti, que tout cela n’est pas, matériellement, possible, que la Justice est contre lui, que l’enquête a été mal faite ou pas faite du tout, que le juge d’instruction lui en veut particulièrement pour des raisons inconnues, c’est la faute de son avocat (payant) qui n’a rien compris et ne l’a pas défendu, l’a même « jeté », au dernier moment, que sa place n’est pas ici, qu’il sortira l’année prochaine, etc…

Bref, en deux peines (une, en correctionnelle, et une, en assises) il en a pris pour 22 ans… pour des problèmes de mœurs, vous vous en étiez doutés, je pense.

En fait, son affaire était si complexe, si obscure, et ses propos si contradictoires que je n’ai jamais eu (voulu) essayer de la comprendre, de rentrer dedans, de prendre partie… (on se serait fâché, ce que je ne souhaitais pas, car il avait, à mes yeux, certaines qualités). Je n’ai pris que ce qu’il m’en a dit et ce que j’en ai compris à travers les multiples (innombrables) courriers qu’il adressait tous azimuts aux juge d’instruction, procureur, maires, témoins, médecins, etc… anciens élèves, amis, clients, etc… Il est vrai que son orthographe était tel qu’il me fallait au moins deux relectures / corrections pour les rendre compréhensibles et en français lisible.

Mais, il écrivait, cherchait des preuves, des témoignages, de la matière à révision de son dossier, mais pour moi, toutes ces recherches sont (seront) vaines, car, je vous l’ai déjà dit : « la chose jugée est très, très rarement contestée (contestable) ».

Tout cela, il fallait le faire avant « ses » jugements ».

La seule chose qu’il a réussi à faire, c’est se mettre la « chose judiciaire », d’une manière irrémédiable, contre lui, et que, maintenant, pour faire admettre « une » petite vérité… c’est pour lui, chose impossible…

Il me faut vous préciser que, même pour moi, son passé n’est pas clair. Je vais essayer de vous l’expliquer.

Il est fils de militaire. Son père et sa seconde femme (sa belle-mère, donc) viennent le voir, chaque semaine. C’était chaque fois un moment de conflit, mais ils venaient. Il leur téléphonait tous les jours et les « engueulait » quand ils n’étaient pas chez eux… (à attendre son appel,… que d’ailleurs, il ne donnait pas à heure fixe… !).

Dès son plus jeune âge, il a souffert d’une maladie cardiaque (maladie bleue ?) dont je ne connais pas les détails si ce n’est que cela lui provoquait certains symptômes bien visibles comme les mains froides et un eczéma sur tout le corps.

Donc, il fut mis en pension médicalisée dès son plus jeune âge, sa présence, à ses dires, troublant l’équilibre familial et ses proches. Il a subi plusieurs opérations du cœur et aujourd’hui, à l’exclusion d’un traitement lourd, aucun signe visible de cette maladie n’est perceptible. Cependant en 1986, date présumée des faits, il avait, selon lui, des symptômes visibles de sa maladie. Bref, à 18 ans, on le disait mort dans les mois à venir. Mais il est toujours là.

Avant sa seconde condamnation et ensuite, il fit la grève de médicaments, donc il ne les prenait plus… et cela dura plusieurs mois… En fait, il s’est affaibli, il a maigri, il est devenu plus irritable… Arrêter son traitement, selon lui et le corps médical, devait provoquer sa mort, ou, pour le moins, des malaises mortels,…mais, il n’est pas mort…

Depuis son enfance, il a l’âme artiste, et il est artiste. Dès l’adolescence, il vécut une vie d’artiste comme disciple d’un certain nombre de peintres, pour moi, inconnus, et pour eux, comme il était « doué », il faisait, pour son plaisir, et le gîte et le couvert, des tableaux dans le style et avec la signature du maître.

Est-ce vrai, je ne sais. Ce qui est sûr, c’est qu’effectivement, il avait des connaissances artistiques (hors de la moyenne) et de plus, il dessinait (peignait) bien. C’est, certes, abstrait et pas toujours compréhensible pour un profane comme moi, mais, visiblement, son art, à l’entendre, lui avait rapporté beaucoup d’argent, et il avait encore de nombreuses oeuvres (en stock). Il était pourtant assez radin (plus qu’économe) et vivait avec presque rien… Il me prétendait ne pas vouloir demander de « son » argent à son père qui gérait ses affaires (sans lui rendre de compte !!!). Est-ce vrai, je ne sais.

Comme tout artiste, il a eu une vie quelque peu chaotique, décousu, et même, à ses dires, quelque peu (ou beaucoup) dépravé… à travers diverses expériences sexuelles… ! Est-ce vrai, je ne sais.

A part son art, il donnait des cours collectifs et privés de peinture dans le cadre d’une association. Il fut, aussi, président de l’association locale des « Restos du Cœur », pendant plusieurs années et fit donc de l’insertion professionnelle d’handicapés mentaux légers.

Sa première affaire de mœurs est en rapport avec sa famille et, si j’ai bien compris, une histoire de photos de sa nièce nue et d’autres enfants, retrouvées chez lui et dans son ordinateur. Pour lui, cela n’avait aucun caractère pédophile… il s’agissait de photos artistiques… ! Il semble que la Justice ne soit pas de son avis…

Sa deuxième affaire est en rapport avec son activité au sein des « Restos du Cœur » ou plutôt avec la fille (gardée par sa belle mère, chez eux) de la secrétaire de l’association qui s’occupait des handicapés qu’il embauchait en CES. Il y aurait eu, pour le moins, selon la jeune fille, attouchements…

Tout cela est contesté par lui. Je l’ai connu avant son deuxième jugement. Pour lui, il aurait du être relaxé (non-lieu). Tout cela était monté pour lui nuire. La date des faits de la seconde affaire était bien antérieure à la date de son premier jugement.

Si je vous dis tout cela, c’est pour vous faire comprendre que, dans tout condamné (ou beaucoup), il y a toujours (très souvent) une façade fausse, un jeu mensonger pour les autres, même pour ceux qui ont été plus familiers comme je l’étais avec lui.

Bref, il ne m’a jamais montré un document « officiel » important dans ses affaires (mise en examen, avis à parties, conclusion d’avocat, etc…) donc, je ne sais que ce qu’il a bien voulu m’en dire et c’est de cela que je veux vous parler.

Tout d’abord, il m’a menti sur la durée de sa peine et donc, par ricochet, sur la nature de sa condamnation. En effet, je vous l’ai déjà dit les longues peines sont synonymes de mœurs ou meurtres (+ de 5 ans).

Pour lui, il devait sortir avant l’été 2004 (alors que c’était 2009).

Si je lui en veux quelque peu, c’est pour cette attitude mensongère. Je n’ai appris la date réelle de sa sortie que lorsqu’il est parti pour son deuxième jugement.

Je me sentais assez familier (ami) avec lui, pour qu’il me dise la vérité. Et ce, d’autant plus qu’il savait que je n’étais pas celui qui irait raconter la vérité. Ce qui m’a déplu, aussi, c’est qu’il était assez critique (entre nous) envers les membres de sa confrérie (pointeurs). Pour le moins, il pouvait rester neutre…

Tout cela a fait que, lors de son retour, de surcroît, dans mon unité, son ancienne unité (ce qui est assez rare), je ne l’ai plus vu sous le même œil et nous n’avons plus jamais parlé de « ses affaires ». J’ai essayé de me mettre un peu, en retrait (sans faire, pour cela, la gueule) et je me suis efforcée de me cantonner à ma seule fonction de correcteur de fautes d’orthographe (plus de relecture circonstanciée pour rendre la chose plus compréhensible). J’ai limité nos rapports à une cohabitation pacifique. En bref, je ne lui veux pas de mal, mais, je ne lui veux pas de bien, non plus. Pas bête, il a compris mon changement d’attitude et n’a rien fait pour l’améliorer… !

J’ai gardé mes distances dans la mesure du possible. Pas de zèle, pas d’avance d’entraide, nos relations sont encore « correctes », sans plus…

Mais, vous l’avez compris, il m’a « déçu »…, au niveau « humain »…

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)

Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).

Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…

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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…  et des solutions proposées…

A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.

Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…

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Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.

Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).

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