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22/07/2009

Le voleur (suite) en prison

Le voleur – Suite -

Encore un exemple (une constatation) : lorsque tu discutes avec un gars qui est en formation professionnelle (comme moi, en pâtisserie, mais il y en a d’autres : nettoyage industriel, soudure, informatique), tu te dis, tu es en droit d’espérer que si tu lui demandes pourquoi il fait cette formation, il va te répondre « pour avoir un métier »… eh bien, non…, la préoccupation principale est l’argent : les 2,26 € de l’heure donnés par heure de formation « faite » - c’est à dire que les absences (du stagiaire ou du formateur) ne sont pas payées : normale lorsqu’il s’agit du stagiaire, bizarre lorsqu’il s’agit du formateur ( !), mais c’est comme cela. On nous promet bien que toutes les heures seront faites… mais j’en doute… de plus en plus.

Bref, sur les 15 que nous étions au départ, il y avait un boulanger et un cuisinier (donc motivés) et à part eux, 2 ou 3 (dont moi) qui « envisageaient » pouvoir travailler, un jour, dans la pâtisserie… ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en aura pas plus… mais l’objectif de leur présence n’était pas la perspective d’un emploi dans un secteur alimentaire…

Il en est de même pour les autres formations. Et cette « sélection » des candidats me semble quelque peu défaillante… J’ai du mal de croire que sur 400 détenus, on ne puisse pas trouver 15 candidats « motivés ». Certes, cette formation « rapporte » autant si ce n’est plus, que le travail en atelier… de plus, c’est plus sûr (cf contrat de 900 h sur 9 mois). A l’atelier, rien n’est garantie et le chômage technique plus fréquent que l’activité… !

Pour en revenir à mon « voleur ». Ma solution se trouve « hors prison ». En effet, on se rend compte, rapidement, à les fréquenter que leur « fond » n’est pas mauvais, j’allais dire « pervers »… souvent, ils deviennent voleurs par nécessité, au moins, en ce qui concerne les plus jeunes. J’ai rencontré par contre des « professionnels » (détrousseurs de châteaux) bien organisés, ceux-là, ils sont « irrécupérables »… c’est trop tard, ils ne savent faire que cela.

Pour les plus jeunes, à mon avis, la solution se trouve dans la structure familiale et le rejet qu’ils ont provoqué de toute structure éducative : école, formation professionnelle initiale. Et là, encore, il s’agit plus souvent d’un manque d’attention (de surveillance), de soutien en milieu « ouvert » et « normal ». L’alerte aurait dû être donnée, dès les premières absences à l’école, dès que l’enfant décroche. L’enfant est curieux par nature, tout le monde a, en soi, une soif d’apprendre. Ici, certains la retrouvent… Si l’enfant décroche, c’est qu’il y a malaise, ailleurs, et en particulier, dans sa cellule familiale, et c’est donc, par ce côté-là qu’il faudrait agir en premier, en faisant une prévention « individualisée ». Cela passe, certes, par une forte augmentation du nombre de travailleurs sociaux. Volontairement, je ne parle pas d’assistantes sociales, car je pense que dans ces « éducateurs », il peut y avoir, il doit y avoir plusieurs niveaux. Je sais que cela existe, il s’agit de ce que l’on appelle dans les cités « le grand frère »… Souvent un simple « accompagnement », une aide – soutien, au jour le jour, à résoudre les problèmes quotidiens du jeune et de son entourage immédiat, suffit. Rien que le problème de la gestion des subsides – revenus familiaux (salaire + aide sociale) apporte des difficultés.

Ce qui provoque aussi la délinquance –voleur, c’est l’inégalité visuelle, et elle passe par l’égalité vestimentaire, le style de vêtements, la politique des marques. C’est vraiment une catastrophe pour les budgets familiaux. Le paraître est vital. Je ne pense pas que l’on puisse revenir au port de la blouse (à l’école, au lycée), mais il faut faire quelque chose dans ce sens. Ici, même, je constate, chaque jour, cette différence vestimentaire et cette surenchère « quotidienne ». Pour certains, elle ne pose pas de problèmes, ils en ont les moyens financiers (les stups), et l’aide de la famille. Pour d’autres, le peu gagné est économisé, pour permettre l’achat de la dernière paire de baskets de chez… qui sera « périmée » dans 3 mois. Il faut paraître, même ici, si on veut être « considéré ». Autrefois il y avait des uniformes en prison, cela mettait tout le monde sur le même pied d’égalité… et je me demande si ce n’était pas mieux… Cette recherche de la « nouveauté » vestimentaire fait que le détenu (ici) se prive d’autres choses plus fondamentales.

Une petite parenthèse, pour les « dealers », ici comme dehors, ils n’ont pas de problèmes d’argent, leur seule préoccupation réelle est de paraître : d’où la surenchère vestimentaire (qu’ils communiquent aux autres) et leur activité favorite et recherchée est : la musculation…

Donc, ces familles en difficulté d’identité (famille recomposée) et d’équilibre financier (faibles revenus) n’ont guère le choix et si les parents regrettent « les vols » de leur progéniture (lorsqu’ils n’en sont pas eux-mêmes, les instigateurs), ils sont bien contents d’en profiter. Et le « voleur » mis en prison, apporte un nouveau et « réel » déséquilibre « social » au reste de la famille. Comment voulez-vous qu’une mère vive avec ses 4 enfants (petits, de surcroît) avec les seules allocations familiales.

A propos des allocations familiales, le système de calcul ou plutôt, le déclencheur est souvent « pernicieux »… les CAF partent toujours des revenus de l’année précédente (pour les allocs indexées), et souvent… lorsque tu les touches, tu n’en as plus besoin… ou moins besoin… et c’est tant mieux, mais il n’en demeure pas moins qu’au moment où tu en avais besoin le plus, elles n’étaient pas là. Je sais, il y a possibilité de pallier/rectifier ce système/méthode… Mais tout le monde en est-il informé ?

Ma proposition présente de travailleur social-relai permettrait de remédier à ce phénomène, de plus, il éviterait les abus. Mais pour cela, il faut qu’ils soient nombreux, qu’ils aient le temps d’écouter, d’observer, d’assister… Même ici, le problème existe : un travailleur social doit s’occuper de 100 détenus !!!

Comment voulez-vous que le détenu et le travailleur social soient satisfaits… Les entretiens sont bâclés quand ils ont lieu, les suites à donner sont traitées en urgence, le travailleur social part d’a priori, il n’a accès qu’à une partie de ton dossier, il ne te suit pas… donc il ne voit pas ton évolution… il ne connaît pas ton passé… il ne se préoccupe pas de ton avenir… il ne peut gérer que l’urgence et le reste, il le fait par habitude… de son propre chef sans te consulter…, et bien sûr, son avis est « prépondérant » dans ta vie carcérale, puisqu’il est censé être « neutre » et « l’observateur »… On lui demande son avis, avant toute décision te concernant.

Pour conclure sur le « voleur », sa place n’est pas en prison. Je ne sais ce qu’en pense les psy, mais je pense que, pour une bonne majorité, le vol débute par une nécessité de voler, nécessités alimentaire et matérielle. Celui qui vole, pour voler, est un malade… Donc, il faut le soigner…, et la nécessité et le besoin de voler disparaîtront.

Et le rôle de la société est d’aider ces personnes. Souvent, en prison, le coût d’un prisonnier est bien supérieur au préjudice subi, et ceci est d’autant plus grave que comme rien n’est fait pendant son absence, ne sera-t-il pas obligé de « recommencer » à sa sortie… ?

Le remède se trouve donc dans une prise en charge dès le début de la délinquance, si elle n’a pas pu être « détectée » avant (ce qui, pour moi, est quelque peu incompréhensible). Et cette prise en charge passe par la création d’emploi de « tuteur » sous la responsabilité d’assistants sociaux, qui, eux, ont le savoir et les aptitudes pour aider ces « tuteurs »… Un accompagnement quasi-quotidien est nécessaire. Mais il faut que ces personnes soient « écoutées », pas seulement « entendues »…

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)

Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).

Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…

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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…  et des solutions proposées…

A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.

Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…

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Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.

Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).

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