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06/07/2009

Au J.A. : des rencontres imposées, en prison

au J.A. :

Quelques rencontres imposées : Jacques :

Après cette première semaine avec Gérard, j’ai « émigré » au JA (quartier Jeunes adultes). Emigré est le juste mot, car, en fait, il est nécessaire pour aller au JA de changer d’aile du bâtiment, et donc, ce secteur, bien séparé de la plus importante partie de la prison, est un petit immeuble de 3 niveaux.

Le 1er niveau est réservé au SMPR (secteur médicalisé) qui reçoit les détenus (de toute la Lorraine) qui ont besoin de soins psychiatriques, les surveillants n’y assurant que les va et vient et la distribution des repas. Quelques détenus y séjournent, d’autres y viennent que pour la journée et sont pris en charge par infirmières et animateurs psy.

Au 2ième niveau, le JA1, le mien, au 3ième niveau, le JA2, c'est-à-dire le secteur qui accueille les jeunes mineurs (13 – 18 ans), c’est une bonne quarantaine d’individus (nous y reviendrons).

Au JA1, il y avait trois catégories de détenus qui cohabitaient, dans une harmonie relative : des jeunes adultes (18 – 21 ans), des détenus auxi de services généraux, 6 à 8, et des adultes, plutôt vieux, ou, à protéger particulièrement, en raison de leur délit ou de leur âge, nous étions donc une dizaine, à mon époque. Depuis, ils sont plus nombreux, car il n’y a plus de cellule « seul ».

Pour ma part, je fus affecté à une cellule prévue pour quatre où depuis plusieurs mois, ils n’étaient plus que deux… d’où l’accueil un peu froid que j’ai reçu.

Il y avait deux lits superposés, il m’a été donné un lit de dessus, ce qui m’a convenu. Au départ, nous n’avions que deux tables, ensuite, nous en avons récupéré une troisième. Au niveau « armoire », il y en avait trois (au lieu de deux), si bien que chacun a eu la sienne. Je n’ai pas souvenir (oh, là… comme on oublie vite) que nous ayons été 4. Donc, à 3 dans une cellule de quatre, nous étions « bien »… Ce que je peux te dire, c’est qu’au niveau « équipement » individuel, nos étions bien mieux lotis que les cellules pour deux et les autres cellules de quatre, où ils y avaient 4 occupants…

Mais cela vous a déjà été expliqué en d’autres moments (dans « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » de Clémence et Paul-Denis).

Parlons, comme prévu, des occupants. Ils étaient deux.

Jacques, ancien pompier de métier, pas encore jugé, bien sûr innocent, accusé d’agressions sexuelles sur… (je n’ai jamais trop su), mais je viens d’apprendre qu’il avait enfin (3 ans d’attente) été jugé et qu’il avait pris 12 ans et qu’il en était satisfait… ce qui me laisse supposer que « son » délit devait être grave, il n’en a jamais parlé, et comme je ne pose pas de question… Il devait avoir autour de la soixantaine. Il était peu bavard et avec lui, il y avait deux sujets qu’il ne fallait pas aborder : la politique ou plutôt, « les hommes politiques » et l’argent ou plutôt « ceux qui ont de l’argent »… A part cela, c’était lui l’ancien (au niveau ancienneté dans la cellule), il y régnait en « maître »… pas en « dictateur ». Il avait une particularité… il ne proposait « jamais » rien, mais quand tu lui demandais quelque chose, il refusait « jamais »… mais il fallait demander. Sa passion était les mots fléchés ou croisés, je ne sais trop, et tout son temps libre passait dans cette activité. Il tenait un espèce de « carnet de bord » (que, bien sûr, je n’ai jamais lu) mais il y écrivait une vingtaine de lignes par jour. Par contre, il écrivait tous les jours à sa femme (2ième épouse après un divorce) une longue lettre avec dessin, etc. Encore aujourd’hui, je me demande bien ce qu’il pouvait lui raconter, et ce, d’autant plus que sa femme devait les recevoir « en paquet » puisque, non jugé, tous ces courriers passaient par le Juge d’instruction. Pour sa part, il recevait aussi les réponses « en paquet », mais peut-être pas autant qu’il en envoyait.

Au sein de la détention, il était « écrivain-bibliothécaire » bénévole du JA, car il touchait sa retraite qu’il avait prise à 55 ans, comme pompier. Il était assez fier de son « emploi »… Il revendiquait l’octroi de la TV gratuite, pour compenser cette non rémunération, mais je crois qu’il n’a jamais été satisfait.

Pour conclure sur lui, ce n’était pas un personnage très intéressant, très versatile, à prendre avec des pincettes, mais une fois qu’on avait compris et accepté cela, la cohabitation était « acceptable ».

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)

Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).

Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…

……..

Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…  et des solutions proposées…

A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.

Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…

……

Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.

Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).

Commentaires

J'aime bien ta façon de raconter ta vie en prison. J'ai deux correspondants prisonniers qui ne m'en racontent pas autant. Mais ils sont bien sympas quand même.

Bonne journée,
Aliette

Écrit par : Aliette | 06/07/2009

Comme tu le sais, il s’agit, avant d’être un bouquin, d’informer, pendant ma détention, ma famille et mes amis, sur ma vie en détention, je l’ai fait sans fioriture, mais aussi avec un souci de vérité… et je crois que c’est ce que l’on ressent, en tout cas, c’est ce que l’on me disait à l’époque, j’ai écrit spontanément, sans recherche et surtout sans savoir que j’en serais capable.
Je crois comprendre que tu écris à des détenus qui ont souhaité le faire. C’est vraiment très bien, et cela me renforce dans ma conviction que le courrier est beaucoup plus important qu’un parloir…
De Paul Denis à Aliette, le 7 juillet 2009 à 19 h 15

Écrit par : Paul Denis | 07/07/2009

SVP PAUL REPOND A MA QUESTION MON FILS A ETE CONDAMNE POUR LA PREMIERE FOIS IL A EU 6 MOIS FERME PLUS DOUZE AVEC SURSIS LA IL EST EN PRISON CAR SON SURSIS EST TOMBE IL SERAS LIBERABLE LE 11 10 2011 A PARTIR DE QUAND IL POURRAS BENEFICIER D UNE FORMATION POUR AVOIR LE BRACELET ELECTRONIQUE CAR JE SUIS DEJA EN TRAIN DE LUI CHERCHE SA FORMATION MERCI J AI VRAIMENT BESOIN D AIDE ET DE REPONSES MERCI PAUL

Écrit par : DHERBECOURT | 18/09/2010

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