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20/05/2009

Quelques droits... en Garde à vue

Quelques droits :


Quand tu es maintenu en « garde à vue », tu as quelques droits :
. Faire prévenir une personne de ton choix (famille, ou autre),
. Faire prévenir ton avocat qui peut venir te voir (au bout d’une heure (maintenant), avant, après 18 h de « garde à vue ». Pour moi, mon avocat est toujours venu, et lors de sa venue, tu peux t’entretenir « en privé » (entre quatre yeux) avec lui le temps nécessaire, pour lui demander conseil. Ainsi, je me rappelle, une fois, lors d’une question embarrassante, avoir dit à l’enquêteur : « Je vous répondrai à cette question lorsque j’aurai vu mon avocat »… ce qui a été écrit…
. On te demande si tu veux voir un médecin.
. Si « oui », il est prévenu et viendra…
. Si « non », PV, mais de toutes façons, tu es obligé de le rencontrer si « la garde à vue » dépasse les 24 h. La consultation est, bien sûr, confidentielle, mais peut durer quelques secondes (minutes), s’il n’y a rien de particulier à dire.
Ces formalités faites (une bonne demi-heure), l’interrogatoire reprend…
Ma technique « à moi » a toujours été de savoir, au plus tôt, ce que l’enquêteur savait et de connaître les documents en sa possession. Et c’est là que tu t’aperçois que, souvent, il a plus d’éléments concrets et comparatifs que, toi, tu en as « à l’esprit »… et la difficulté est de bien manœuvrer : ne pas en dire trop, mais en dire assez pour être cru.
Si la confiance passe, et en général, avec « mon » enquêteur, je n’ai pas à me plaindre. Je dis « mon » inspecteur-enquêteur, car, en fait, les 3 fois que j’ai été mis en « garde à vue », j’ai eu le même interlocuteur.
Pour être honnête, je dois dire qu’il a « toujours » été correct. Certes, il faisait son « métier », avec précision, avec professionnalisme, il savait très bien où il voulait en venir, même si je n’étais pas d’accord avec lui. En fait, moi aussi, je savais où je voulais en venir…
J’ai souvent eu « connaissance » (un peu par ruse) des informations en sa possession et des déclarations antérieures d’autres personnes, même s’il n’était pas « obligé » de me les faire voir…
Il m’a fallu parfois faire du « forcing » de circonstances… en faisant le surpris…, mais je ne pense pas m'être laissé souvent piégé… et ce, parce que, a priori, j’y suis jamais allé avec la conscience d’être un « grand » délinquant… et donc souvent, j’y suis allé avec le sentiment que tout pouvait être expliqué, mais la difficulté était de faire admettre que ma position devait être expliquée, par écrit… A l’oral, c’était toujours « ok »…
Le déroulement de l’interrogatoire est réglementé… en durée… et parfois, au bout d’un certain temps, on te demande si tu veux une pause… tu peux la refuser (re-formulaire) et on poursuit, ou l’accepter et tu es descendu en geôle, pour ce repos ( !).
De toutes façons, les repas et nuit, se passent en geôle : pas le choix. Mais j’avoue avoir « retardé » un repas (casse-croûte) et la descente aux enfers, pour les raisons déjà évoquées.
Il faut avouer que pour moi, les interrogatoires, outre le côté stressant et psychologique, n’ont jamais été fatiguants ou traumatisants… Car la rédaction prend « toujours » un certain temps, et comme tu répètes, toujours, au moins 3 fois la même chose avant que le premier mot soit écrit… cela n’est pas fatiguant.
Je sais qu’il y a des interrogatoires plus « musclés » dans d’autres affaires plus scabreuses (stupéfiants, sexe, vol,…) mais moi, je n’ai jamais subi de pression ou agression physique. A plusieurs reprises, mes co-détenus m’ont parlé de leur « garde à vue » et je dois avouer qu’elle n’a rien à voir avec ce que j’ai subi. Comme tu t’en doutes… elle est pire.
Même quand les circonstances (le refus de coopérer) ne le justifient pas… tout est mis en œuvre pour … te « casser ». Outre le tutoiement, quasi général, il y a les brimades du type « fouille à corps » (nu), on te laisse en caleçon ou slip, pendant des heures, et ce, par tous les temps, sans que cette tenue puisse être justifiée « pour les besoins de l’enquête », tu es seul contre tous (ou plusieurs), les questions fusent de tous côtés, c’est à peine si on écoute ton semblant de réponse, souvent menotté, attaché à un crochet, prévu à cet effet mais qui n’est pas à une « bonne » place, ce qui fait que la position est souvent (toujours) désagréable (bras en extension, crampe, souvent mal assis ou debout pendant des heures, etc).
Et cela dure, dure longtemps avec des moments où on te laisse seul, souvent, on te descend en geôle, avec les contraintes et le cérémonial déjà évoqués, puis, un quart d’heure après, on te reprend, y compris la nuit. Tu n’as pas eu le temps de décompresser. La fatigue s’accumule et tout est mis en place pour que tu craques, pour que tu signes ce que l’on veut te faire dire… Et beaucoup signent… !!!
Certes, ce n’est pas partout pareil, mais jamais, j’en ai entendu du bien de la « garde à vue ».
Bref, c’est une situation qui frise, souvent, l’inhumain et la torture physique et surtout morale.
Mais elle est parfois très physique : ce fut le cas d’un de mes co-détenus : Vincent qui y a perdu 4 dents + un séjour de quelques heures à l’hôpital…, un de mes co-détenus a porté plainte contre ses enquêteurs et leurs « sévices » physiques ou plutôt pour la non-prise en compte de son état maladif « évident », etc… Les exemples et cas sont, hélas, fréquents…
Si les « gardes à vue » sont musclées, c’est parce que le but des enquêteurs est d’obtenir « une vérité », a priori « la bonne », mais parfois, ils obtiennent « une vérité » qui n’est pas la bonne…
Quand le prévenu, lorsqu’il se rétracte devant le juge d’instruction ou le juge en comparution immédiate ou même, plus tard quand il a été condamné…, veut prouver le contraire, même s’il dit avoir subi des « pressions » de la part des enquêteurs et que ce n’est pas ce qu’il a dit, l’ayant signé, donc accepté, il aura le plus grand mal à prouver sa « bonne foi » et « la manœuvre » des enquêteurs qui, eux, sont assermentés…

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).

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